Le personnel médical de l’hôpital de Boufarik en colère. Manque de moyens, entraves et pressions

Le personnel de l’hôpital de Boufarik fait état de manque de matériel de protection contre le coronavirus mais aussi d’entraves bureaucratiques. 

Lors d’un rassemblement de protestation organisé par le personnel médical de l’hôpital de Boufarik, les protestataires ont dénoncé “les pressions exercées sur eux”, et appelé les hautes autorités de l’État à intervenir pour mettre fin aux “pratiques autoritaires” du chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital, dont ils ont demandé le départ. 

“Nous tenons à rassurer nos concitoyens que, nous continuons à travailler et que nous les soutenons durant cette dure épreuve”, a affirmé dans ce sens, Nordine Oukara, chef de service médecine interne et syndicaliste, avant d’ajouter : “Nous avons des médecins compétents dans toutes les spécialités qui peuvent gérer toute épidémie, comme cela s’est fait par le passé où nous avons fait face au choléra et la grippe porcine, en son absence”.

Mais, dit-il encore, “dès qu’il est présent, les entraves viennent de toutes parts. nous ne sommes pas là pour exaucer ses caprices. S’il veut occuper tout le temps les plateaux de télés qu’il le fasse, mais qu’il nous laisse travailler”, s’est-il indigné. 

Par ailleurs, un autre médecin a expliqué que leurs doléances ne sont “ni matérielles, ni financières” mais, qu’ils demandent que soient fournies les conditions pour “travailler à l’aise”. En rendant hommage à son collègue décédé des suites du coronavirus, qu’il a présenté comme “un collègue perdu au champ de bataille”, il a indiqué qu’en dehors du problème du transport, les travailleurs font face à des pressions.

Il est rejoint par sa collègue Saloua Himed qui, tout en rassurant la population que la protestation est destinée à conjuguer les efforts pour mettre fin à cette épidémie, a demandé aux autorités d’intervenir pour mettre fin aux “entraves du chef de service des maladies infectieuses qui gère une pandémie par des décisions politiques, qui ne servent ni le malade, ni le médecin, et encore moins le peuple”. Elle a expliqué que “la population de Boufarik court un risque, on est dans une situation catastrophique et la situation n’incite pas à l’optimisme.

Cela nécessite la mobilisation de tout le monde”. Et d’ajouter : “Nous avons laissé nos familles pour venir travailler pour le bien-être du malade, mais on demande qu’on nous enlève ces personnes qui occupent les plateaux télés.”
Devant ces accusations, nous avons vainement tenté de joindre le principal concerné cité par les travailleurs pour avoir son point de vue, mais son téléphone était occupé.

Par ailleurs, le Syndicat national autonome des agents médicaux anesthésistes et de réanimation de la santé publique (Snaamarsp) a indiqué dans une correspondance adressée au ministère de la Santé que les établissements sanitaires à travers le pays ne disposent pas du “minimum” de moyens de prévention contre le coronavirus, comme les gants et les masques, contrairement aux affirmations du ministre de la Santé.

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