A l'ombre des plantes centenaires. Les affaires boufarikoises

Un thé à la menthe à l’ombre du plus grand marché hebdomadaire de la Mitidja, la ville des Oranges revît.

A Boufarik, plaque tournante du commerce des produits agricoles du Centre de l’Algérie, prendre un thé à la menthe près du grouillant  marché de gros hebdomadaire est «un plaisir inégalé pour un enfant du pays  qui redécouvre sa ville», affirme Omar Aliane, ancienne gloire de la boxe algérienne.  

Confortablement calé dans un fauteuil près de la devanture de son magasin de meubles, Omar Aliane, dit «Kaddour», un des premiers boxeurs algérien médaillés, offre du thé comme signe de bienvenue au visiteur, alors qu’à quelques mètres de là, la rue bouillonne de mille et une pulsions que lui impriment des vendeurs ambulants, toujours imaginatifs à trouver le bon filon pour faire recette. Cet ex-entraîneur de la sélection nationale de boxe a toujours vécu à Boufarik, qui, pour ses habitants, «est l’âme de la Mitidja». Ici,  les affaires reprennent, et le légendaire «Haouch Gros» renaît à la vie : les  mandataires réceptionnent chaque jour des milliers de tonnes de marchandises, de la pomme de terre aux fruits les plus exotiques, cultivés dans les environs  immédiats de la ville ou importés de terres lointaines.          

«A Alger, ça va ?», lance Kaddour, qui, un jour, a donné beaucoup de fierté aux Algériens en offrant à l’Algérie, qui savourait tout juste son indépendance, sa première médaille d’or. C’était en 1963, lors des Jeux africains de Dakar.

Plus loin, dans la ville, les affaires prospèrent à l’ombre des platanes plusieurs fois centenaires, où des terrasses de café servent de lieux de transactions en tous genres : des lots de terrain, voitures, aux orangeraies et autres bétails. «Les affaires marchent bien», dit calmement Kaddour.

Et puis Boufarik, naguère un vaste étang où le paludisme faisait des ravages, avant les travaux de drainage effectués par Laveran au tout début du siècle dernier, est également la ville du plus grand marché à bestiaux de la région centre du pays.  Mais ici, la reine, c’est bien l’orange. Maltaise ou portugaise, sanguine ou double fine, Navel ou Washington, elle trône pratiquement sur tous les étals. 

Boufarik, c’est pratiquement une inlassable conjugaison à l’overdose  des «citrus» : kumquat, bergamote, mandarine, bigarade, orange, pomelo se  mélangent dans une formidable union de la couleur «orange», qui a fait et fait la renommée de cette ville avec ses paisibles maisons cossues bordées de bougainvilliers et de jasmin.

Jusqu’à l’équipe de basket-ball locale, dont la couleur est orange.Tout autre «ton» aurait été sacrilège pour les natifs de la ville. La ville de Boufarik, qui revient à la vie, est aujourd’hui desservie par l’autoroute, et ses fruits et légumes partent plus vite vers les marchés  du centre et du centre-ouest du pays, aux portes du sud du pays, jusque vers Laghouat, Ghardaïa et même au Hoggar et à Tamanrasset.

Et si Boufarik revit, c’est toute la Mitidja qui renaît.

Source: El Watan

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