Les obsèques des sept victimes du double attentat de Boufarik se déroulent dans un climat de vive émotion

Alger, 28 novembre. - Les obsèques des victimes du double attentat de Boufarik, qui a fait samedi soir sept morts et cinquante-six blessés, ont été fixées à aujourd'hui.

Jean-Pierre Chaieain et Roger Winum ont été inhumés, l'un à Blida, l'autre à Ménerville, en présence de plus de trois mille personnes ; Guy Barcelo, Michel et Gérard Gelabert, Bernard Kuntz, seront enterrés à Boufarik ; enfin le corps de Maurice Masini a été transporté à Cherchell. Sur les cinquante-six blessés, douze étaient encore hospitalisés dimanche soir.M. Jean Morin, délégué général en Algérie, a adressé un télégramme de condoléances au maire de Boufarik, tandis que plusieurs organisations, dont le Front de l'Algérie française, publiaient des communiqués exprimant leur indignation.

Une grande animation régnait samedi soir à Boufarik. Les promeneurs étaient nombreux, attendant l'arrivée de l'orchestre Benny Bennett, dont le concours avait été sollicité pour un grand bal qui devait avoir lieu au Théâtre au bénéfice de la philharmonie le Progrès.

Il était 18 h. 40 lorsque le premier engin - une roquette fixée sur le porte-bagages d'une bicyclette - éclata rue Duquesne, entre deux voitures, à hauteur d'un magasin. Des éclats fusèrent au ras du sol. Puis aux cris des blessés se mêlèrent les appels des femmes affolées qui avançaient au milieu d'une vingtaine de corps étendus sur le sol, dans des flaques de sang.

Deux enfants tués sur le coup.

Deux enfants, Gérard Gelabert, huit ans, et son frère Michel, 1 an, avaient été tués sur le coup. D'autres personnes, atteintes plus ou moins grièvement, furent transportées à la pharmacie toute proche.

Les gens se rassemblaient autour du lieu de l'explosion et de cette pharmacie. L'un d'eux, Roger Winum, qui jouait aux boules non loin de là, entendit l'explosion, monta dans sa voiture et se rendit rue Duquesne.

C'est alors - cinq minutes après le premier attentat - qu'une seconde roquette, placée également sur une bicyclette, devant la pharmacie même, explosa, causant plus de victimes que la première. Parmi d'autres, Roger Winum - joueur de football très connu et estimé dans la région - s'affaissa, l'artère carotide ouverte. Il devait succomber en attendant l'arrivée d'un hélicoptère. Le curé de Boufarik, l'abbé Schwartz, était au nombre des blessés.

Après la seconde explosion et en dépit de l'affolement qu'elle avait provoqué, les secours s'organisèrent rapidement. Tous les véhicules disponibles furent utilisés pour transporter les blessés à l'hôpital distant seulement de quelques centaines de mètres.

A l'issue de l'enquête effectuée par les services spécialisés, on précisait qu'outre les roquettes, les emballages étaient bourrés de ferraille (clous, boulons, écrous) qui fut aussi meurtrière que les engins eux-mêmes.

Une ville en deuil

Dimanche Boufarik offrait l'aspect d'une ville en deuil, où la vie semblait s'être arrêtée plus complètement que les autres dimanches. La consternation se lisait sur les visages des habitants

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Plus su https://www.lemonde.fr/archives/article/1960/11/29/les-obseques-des-sept-victimes-du-double-attentat-de-boufarik-se-deroulent-dans-un-climat-de-vive-emotion_2095237_1819218.html

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