Commémoration : Mohamed Sellami ne sera pas oublié

Le 14e anniversaire de la mort de Mohamed Sellami, le fondateur des Patriotes de la Mitidja, a été célébré, hier matin, au cimetière de Haouch Gros lors d’une cérémonie de recueillement durant laquelle a été évoquée la mémoire d’un homme auquel la population de Boufarik et de l’ensemble de la Mitidja doit beaucoup.


Etaient présents certains de ses compagnons d’armes, des membres de sa famille, des patriotes venus de Lakhdaria et d’El Affroun, ainsi que des amis venus de Boufarik et d’Alger. Mohamed Sellami est tombé, les armes à la main, dans la nuit du 19 décembre 1995 lors d’un affrontement armé avec les terroristes islamistes du sinistre GIA de Antar Zouabri. Ali Slimani, ancien président de la délégation exécutive de Boufarik, Boualem El Makhfi lui-même ancien patriote et fils du célèbre patriote El Makhfi de Lakhdaria ainsi que Hocine Ali le secrétaire général du Mouvement démocratique et social (MDS) ont pris la parole à cette occasion pour rappeler l’engagement de Sellami et le sacrifice d’un homme qui avait refusé de céder à la fatalité et de baisser l’échine devant la barbarie et la soif de sang des islamistes armés. Le message des intervenants insistait sur la nécessité d’entretenir la mémoire et de lutter contre l’oubli que les tenants du pouvoir actuel veulent cultiver pour donner l’impression que leur politique de réconciliation est une réussite. Afin que ce combat, ces sacrifices et cette période faite de deuil, de larmes et de sang ne soit pas effacée des mémoires, Hocine Ali du MDS propose à tous ceux qui ont été d’une manière ou d’une autre des victimes de l’islamisme meurtrier, ainsi qu’à ceux, militaires ou civils qui l’on combattu, de faire du 19 décembre la « Journée nationale du patriote ».

En 1993, devant les sanglantes attaques terroristes qui ciblaient sans distinction tous ceux qui, d’une manière ou d’une refusaient de cautionner leur actions meurtrières ou s’opposaient à leur diktat, la paysannerie, comme les habitants des villes, à commencer par Boufarik, étaient soumis à un harcèlement quotidien de jour et de nuit. Les victimes se comptaient par dizaines et ni les enfants, ni les femmes, ni les vieillards n’échappaient à la folie meurtrière des islamistes. Chaque matin apportait son lot de morts, de sang, de mutilations, de deuil et d’un nombre toujours en augmentation d’orphelins qui avaient vu leurs parents sauvagement assassinés devant eux pour, soit disant, l’instauration d’un prétendu pouvoir islamique. Mohamed Sellami, militant communiste, ancien membre du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), habitant Haouch Gros, hameau de quelques foyers perdus dans les terres agricoles à quelques kilomètres de Boufarik afficha sa détermination de se lever face à la barbarie sanguinaire. Il prit attache avec les autorités civiles et militaires pour leur demander d’organiser l’autodéfense de la population.

Les démarches s’avérèrent longues et laborieuses. La méfiance, d’autant plus que Sellami était connu pour ses idées de gauche, ne fut surmontée qu’après de longs mois. Sa persévérance aboutit cependant, et ainsi naquirent les Patriotes qui allaient donner du fil à retordre aux groupes islamiques armés (GIA) de Zouabri. Désormais, dans un premier temps, lorsque les terroristes lançaient une attaque contre la population de Boufarik, ils étaient accueillis à coups de kalachnikovs. Le mouvement d’autodéfense se généralisera à presque toutes les régions d’Algérie souffrant d’une activité terroriste. Les islamistes armés trouvèrent à qui parler. Dans un deuxième temps, les Patriotes, notamment ceux de Boufarik, dépassèrent l’attitude défensive et organisèrent les actions offensives. Aujourd’hui, et depuis l’arrivée de Bouteflika au pouvoir, grâce aux militaires il faut le rappeler, la situation s’est inversée. Le clan Bouteflika engagea une politique de réconciliation avec les islamistes dans le but évident de pérenniser les assises de son pouvoir. Les Patriotes et autres membres des groupes d’autodéfense sont, depuis, désarmés et marginalisés sans ménagement, comme si le pouvoir entendait donner des gages aux assassins d’hier et d’aujourd’hui.

Source: El Watan - Edition du 20 décembre 2009

 

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