Où sont donc passées les salles de cinéma d’antan ?

Depuis 25 ans, les projections de films ont cessé.

La ville de Boufarik dispose de quatre salles de cinéma : Le Colisée, Le Royal, le Club Ennahda et Le Tivoli. Hormis Le Colisée (voir El Watan du jeudi 27 mars 2014), les autres salles sont situées au centre-ville et presque sur le même axe, distantes de 300 m l’une de l’autre. Ces salles de cinéma ont vu la projection de centaines, voire de milliers de films, allant du thriller, au péplum, en passant par les westerns et les films hindous. «Personnellement, j’allais voir un à deux films par semaine. Je connaissais tous les chefs-d’œuvre et les grands acteurs de l’époque. C’était fantastique», déclare un cinéphile boufarikois. «Le foot et le cinéma étaient les seules passions des Boufarikois dans un passé pas très lointain», confie Ali, la cinquantaine passée.

Propriété de la commune, ces salles de cinéma, dont la construction remonte à l’époque coloniale, sont dans un état de délabrement très avancé. Quant à leur intérieur, le spectacle est à la désolation : murs délabrés, toitures défoncées, éclairage inexistant... Les films ne sont plus projetés dans ces monuments du 7e art depuis des lustres (25 années), sauf à la salle Le Colisée, qui de temps à autre sert de lieu de rencontres pour des meetings animés par des acteurs politiques lors d’échéances électorales.

Ces édifices ont besoin d’un budget colossal afin d’être rénovés et réhabilités. «On espère au moins voir les salles comme Le Club, Le Royal redevenir fonctionnelles», lance un amoureux du cinéma». «Si ces opérations viennent à être menées, elles permettront sans aucun doute de donner un nouveau souffle aux activités culturelles et artistiques, dont le cinéma bien sûr, à Boufarik. Cela permettra  par conséquent à la commune d’avoir des rentrées financières», ajoute-t-il.

Pourquoi ne pas mettre l’une des salles, une fois réhabilitée, à la disposition d’un groupe de jeunes dynamiques afin de contribuer à la promotion de du 7e art à Boufarik ? Une question posée par plus d’un dans la capitale des Oranges. Les cinéphiles de Boufarik espèrent que les conférences-débats portant sur la sortie d’un film soient de retour dans leur ville. En face du siège de la mairie en rénovation, un édifice qui attire lui aussi l’attention de plusieurs passants. Il s’agit de cette grandiose construction qui fut autrefois une église.

Actuellement elle est appelée «Tassili», car sa forme ressemble au navire du même nom. Dans les années 1970 et 1980, cette structure faisait le bonheur de milliers de jeunes Boufarikois (bibliothèque, ciné-club, sport ...). Aujourd’hui, cette immense bâtisse est en état de vétusté très avancé ; les murs et la toiture risquent de s’effondrer à tout moment.
Les responsables de la ville déclinent toute leur responsabilité concernant cette structure et rejettent la balle depuis longtemps dans le camp de la direction des Affaires religieuses et des Waqfs, puisqu’il s’agit d’un ancien lieu de culte.  

Source: El Watan - 25/11/2014