Le sorcier de Boufarik

Dés le début de la conversation on s'y attache. Il est de ses hommes qu'on écoute attentivement. Il est de ses hommes qui force le respect. Il a connu une carrière de joueur bien remplie. Un savoir qu'il transmet aujourd'hui aux jeunes U15 de l'ASC Vivaux Sauvagère. Mais il n'est pas qu'un simple éducateur. Zoom sur un passionné, un vrai, un homme qui transpire le football : Zouhir Bouhadja.

De l'Algérie à la France

C'est chez lui, à Boufarik, que Zouhir Bouhadja a débuté le football en tant que gardien de but. Il fera toutes ses classes au sein du club de sa ville natale jusqu'en deuxième année junior. Une ville, ses terres auxquelles il est attaché et d'où lui vient son surnom "le sourcier de Boufarik", comme aime l'appeler Omar Keddedouche son président. En espoir, Zouhir ira joué à Hussein Dey où il aura le plaisir de côtoyer de grands joueurs. Il ne s'arrête pas là et continue son voyage, toujours en Algérie, toujours pas loin de chez lui. Cette fois, il pose ses valises à Tiaret qui évolue alors en Ligue 2. Puis il ira jouer à Bilda, à Béchar. En parallèle, effectuera toutes les selections de l'équipe Nationale d'Algérie jusqu'en militaire. Pré-selectionné en A, il ne goûtera pas à la selection : "je n'ai pas eu l'honneur et le plaisir de jouer avec les A. Mais j'ai fait pas mal de compétitions continentales, j'en garde de très bons souvenirs". Si de l'extérieur, on peut se dire que Monsieur Bouhadja a manqué certainement une belle carrière, lui refuse de le voir comme ça : "en Algérie ce n'était pas facile, mais je ne regrette rien J'ai eu la chance de côtoyer de grands joueurs comme Moustafa Traoré. J'ai beaucoup appris auprès d'eux".

Après avoir quitté l'Algérie, Zouhir Bouhadja débarque en France afin d'effectuer des essais à Auxerre. Non retenu, il évoluera à Blois en CFA, il jouera ensuite à Tours, Orléans et d'autres clubs de la région Loir-et-Cher. Il gagne des titres et revient à Blois pour un dernier tour de piste. Entraîneur-joueur en Promo-Ligue, il effectue une bonne saison et commence à encadrer des jeunes. Un tournant : "j'ai pu en sortir pas mal de la galère, aujourd'hui, ils sont mariés, ils ont des enfants". Une fierté pour ce Monsieur, avec un grand "M", c'est dans cette voie qu'il continue du côté de Marseille.

Vivaux Sauvagère, le coup de coeur

Trois ans qu'il est à Marseille et le coup de foudre a été immédiat. Il n'a pas eu besoin d'attendre très longtemps pour trouver un club, une famille : "j'ai ouvert ma fenêtre et j'ai vu le stade. Je suis allé au club et je leur ai dit "si vous avez besoin d'un éducateur je suis là"". Finalement, il n'est plus jamais reparti. Marqué par cet homme passionné, le président de Vivaux Sauvagère, Omar Keddadouche, décide de lui faire confiance. Il ne s'y trompera pas et c'est avec beaucoup de respect qu'il parle de lui : "Zouhir ? On est très content de l'avoir, il est dévoué au club, très investi il est là 6 jours sur 7, bénévolement. Et Humainement, c'est un gars super !". Trois saisons à Vivaux Sauvagère où il débute en tant qu'entraîneur des séniors, avant de s'occuper de l'équipe U13 (3) la saison passée et de finalement récupérer les U15 Pré-Excellence. "Il est capable de tout faire. Il peut jouer à 9 heures, arbitrer à 11 heures, aider à 13 heures, il est sur le stade toute la journée. Avant de demander les arbitres, il venait même arbitrer l'équipe sénior en Promotion Première. Il est au top", nous confie, Omar Keddadouche.

Ce fin tacticien, ce meneur d'homme, réalise une saison encourageante avec une équipe U15 qu'il apprécie entraîner : "je suis impatient de les retrouver chaque semaine ! J'ai un groupe avec une bonne mentalité. Les jeunes avancent bien, j'essaye de leur inculquer des principes de jeu collectif. Aujourd'hui, nous sommes les outsiders de ce championnat". Toujours le coeur sur la main ou le club dans le coeur, Zouhir ouvre un crénaux pour entraîner les gardiens de Vivaux Sauvagère. Une école que le président renomme "Team Zouhir", tout un symbole. Il entraîne tout les gardiens du club sans les séniors. "Tous les lundis il a entre 15 et 17 gardiens. On a de supers retours, les parents sont ravis", conclut Omar Keddadouche.

La trajectoire d'un homme qui pense à donner avant de recevoir. La trajectoire, d'un éducateur pas comme les autres. Un grand Monsieur, avec un grand "M". Le sorcier de Boufarik.

Source: ActuFoot13